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  • : La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • : Où sont les esprits décapants qui se moquent de tout, s'amusent de l'urgence et parodient les alternatives ? Quels personnages peuvent incarner les affres et contradictions de l'écologie quotidienne, ses hypocrisies, son jusqu'au-boutisme et ses errements misanthropes ? Personne pour l'instant – à part BRIDGET KYOTO !
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 10:20

Au moyen-âge, les gens étaient très mal organisés : il y avait toujours un méchant seigneur qui faisait la bamboula toute la journée. Il mangeait des viandes en sauce à pleines mains et troussait des ribaudes dans son terrifiant château pendant que ses pauvres et honnêtes paysans crevaient la dalle dans leurs misérables chaumières, écrasés par d’injustes impôts dans la froidure de la bise et la famine de la peste.

Quand notre seigneur s’ennuyait décidément trop, il allait se coller une bonne peignée avec le prince renégat d’à coté. Et toc ! c’était encore les pécores qui trinquaient. A la fin de sa vie, le seigneur mourait et transmettait tout à son fiston, abominable gosse de riche qui n'avait aucun mérite si ce n'est celui d'être bien né. Il s’avérait rapidement être encore pire que son ordure de père. Et baffrait à son tour, tout aussi cochonnement en buvant de l'hydromel dans sa barbe.  

 

Dans ce système archaïque et inhumain, la société était foutue n'importe comment : presque tout appartenait aux riches, les ponts, les puits, les fours, les moulins, les bois et même les gens, qui ne pipaient mot.

Les paysans, eux, n’avaient rien. Ils étaient moches, sentaient moyen bon et portaient des chausses toutes déchirées comme le chanteur de Nirvana. Et tu crois qu’ils se révoltaient, ces zazous ? Hé bé non : à la place, ils allaient à l’église où un brave curé obèse leur expliquait que tout était normal et que ce n’est pas parce qu’ils se faisaient gauler toutes leurs richesses par le seigneur qu’il fallait s’énerver sans réfléchir et tomber dans le panneau.

Parce qu’il y avait un piège ! En effet, le seigneur Jésus avait déclaré : au paradis, les premiers seront les derniers. Du coup, il valait mieux faire ni-vu, ni-connu parce que, ha ha ! un jour, le seigneur, il serait bien attrapé : quand le royaume de Dieu arriverait, c'est-à-dire ... heu... tout bientôt, hein, alors là on verrait bien qui c’est qui rigole ! Alors en attendant, chut ! En laissant cet idiot de seigneur persévérer dans l’erreur, rirait bien qui rirait le dernier.

mendiant.jpgAlors après, c’est sûr qu'en attendant le royaume de Dieu, la vie dans le royaume normal n'était pas facile tous les jours. Il fallait plus ou moins crever de froid, mâchouiller des racines et abandonner les enfants dans la forêt avec les loups pendant que les soldats en goguette violaient ta femme ; mais bon, l’important c’était de garder son sens de l’humour parce que, au final, ça ferait une bonne blague au proprio et ça valait quand même bien un petit sacrifice.

Et puis la religion, ça les faisait rêver : ils avaient aussi leurs pipoles. Plein de pipoles qu'ils appelaient des saints. On pouvait voir leurs histoires sur tous les murs des églises. Ça occupait les longues soirées autour du feu, surtout quand il n’y avait plus de racines à mâchouiller, ni de bois à brûler (dans ce cas, on brûlait une sorcière à la place) ; ça permettait aussi de se détendre et d’oublier les petites famines du quotidien. Alors on se racontait les histoires de St Bidule, de St Machin et surtout celle de St Glinglin, le saint spécialement chargé d’annoncer la venue du royaume de Dieu sur terre, d’où son nom de cloche qui sonne.


Et puis, si jamais c'était vraiment la merde, ils pouvaient toujours aller mendier à la porte des églises ou du château un peu de la bouffe qu’on leur avait piquée le mois d’avant, parce que la charité était drôlement bien vue à cette époque : c'était comme les restos du cœur (sauf qu'en plus on  pouvait gagner des pass V.I.P. pour la teuf de la saint Glinglin).

Heureusement, depuis, l'humanité a fait de gros progrès.

Enfin, si on veut, parce qu'à l'époque, les richesses étaient mal partagées, certes, mais pas au point que 225 personnes seulement disposent d'une fortune équivalente au revenu annuel cumulé des 47 % d’individus les plus pauvres de la planète, comme maintenant.

De ce point de vue-là, c’est aujourd’hui, le moyen-âge.

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Published by Eric la Blanche - dans Bulletins d'humeur
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