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  • : La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • : Où sont les esprits décapants qui se moquent de tout, s'amusent de l'urgence et parodient les alternatives ? Quels personnages peuvent incarner les affres et contradictions de l'écologie quotidienne, ses hypocrisies, son jusqu'au-boutisme et ses errements misanthropes ? Personne pour l'instant – à part BRIDGET KYOTO !
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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 15:37

L’autre jour, en me promenant, j’ai essayé d’imaginer la discussion entre Franck Ribery et Zahia, la (très) jeune prostituée. Il est tard dans la nuit, nous sommes dans la chambre d’un hôtel de luxe. L’atmosphère est feutrée, clinquante. Les clips de arène bi à la télé font office de feu de cheminée.

Franck : Aarh t’appelles comment ?

Zahia : Zahia.

F : Zaarh ?

Z : Heu non, Zahia, mais bon, ça ira.

F : Aarh combien ?

Z : Trois milles.

F : Aarh mille quoi ?

Z : Trois mille euros.

F : Aarh longtemps ?

franck-riberyZ : La nuit.

F : Pas cher : aarh gagne ça en une heure (2903€/h ndlr). Aarh peux te tirer les pénos, alors ?

Z : Heu… oui.

F : Aarh-toi par là.

Z : Aie ! Me tire pas par le maillot, s’il te plaît !

F : C’est pas moi, M'sieur, aarh rien fait.

Z : Arrête, t’es pas sur le terrain.

F : Aarh ? T'es bônne, tu sais ?

Z : Heu… merci, toi aussi. En foot, je veux dire. Tu devrais t’essuyer la bouche.

F : Aarh peux t’embrasser ?

Z : Hou là ! six milles.

F : Aarh milles quoi ?

Z : Euros, chéri.

F : Aarh lieu de trois milles ?

Z : Non, en plus des trois milles. Faut pas déconner.

F : Aarh pas m’embrasser ?

Z : Ben, j’aime pas les Picasso.

F : Tant pis. Aarh vais t’enfoncer ta petite défense centrale, bébé.

Z : Oh ? Ke-fran !

F : Aarh te mettre un petit coup franc dans ta cage.

Z : Ooh, Ky-fran !

F : un boulet dans la lucarne !

Z : Oui, bon…

F : Te faire trembler le fond des filets

Z : OK, ça va, Ky-fran : t'es relou.

F : Aarh reprise de la tête.

Z : Mais non, enfin, pas la tête !

 

L’évocation mentales de ces joyeusetés et cette rencontre au sommet entre football et prostitution et m’avaient mené dans un petit parc à côté de chez moi où je décidais de m’installer pour trouver une fin à cette histoire. Je me demandai encore laquelle des deux activités était la plus obscène quand le destin décida subitement de me frapper un grand coup sur la nuque.

J’étais plongé dans mes pensées depuis moins de cinq minutes, savourant le chant d’un merle, la brise printanière mentholée et le soleil qui constellait le vert nouveau des arbres quand la catastrophe se produisit.

Deux jeunes hommes et une jeune femme d’une vingtaine d’années vinrent s’asseoir sur la pelouse juste en face de mon banc avec une bouteille de vin et un pétard.

Je les regardai l’air attendri quand l’un des deux garçons, celui qui avait un air poupin un peu obtus commença à fouiller dans son sac à dos. Mon sixième sens m’avertit, je ne sais comment, de l’imminence d’un désastre mais il était déjà trop tard. Le type se redressa, fièrement. Il tenait à la main les armes du crime qu’il s’apprêtait à commettre. Il les lança en l’air une à une, comme au ralenti.

C’étaient des putains de jongleurs.

Je hais les jongleurs. Je ne sais pas pourquoi, ils m’énervent. Dès que j’en vois un, j’ai envie de rétablir la peine de mort ou de lui péter les dents une à une avec un de ces marteaux brise vitre qu’on trouve dans les cars longue distance.

Tout m’énerve chez eux, leurs habits pourris, leur tête de gland, leur vocabulaire cool, leur sourire mou de crétin des Alpes. Et leur propension à se mettre pieds ou torse nus en toute circonstance, surtout déplacée. Dès que je sais qu’un type pratique le jonglage, c’est fini, je trouve qu’il sent immédiatement mauvais sous les bras puis je le déteste pour toujours, lui et toute sa famille.

Jonglage.GIFEn plus le type jonglait très mal. A un moment, son copain  s’est mis à tourner autour de lui en dansant avec un regard d’hippopotame et, histoire de m’affliger plus encore, il s’est mis à faire semblant de, accrochez-vous bien, je peine à vous avouer cette ultime humiliation, à faire semblant de cracher du feu. Vous avez bien lu.

Ils répétaient une sorte de spectacle de cirque merdique. La honte. Et si quelqu’un m’avait surpris à ce moment-là, hein ? Si l’une de mes connaissances m’avait vu ? Moi, tout seul sur un banc avec des jongleurs débiles en train de s’exercer juste devant moi ? Qu’est-ce que j’aurais pu dire ? Comment lui expliquer que j’étais là avant et que c’étaient eux qui étaient venus se mettre devant moi. Qui pourrait croire ça ?

Alors, la mort dans l’âme et la défaite au ventre, de peur qu’une mauvaise langue ne colporte dans tout le quartier que j’aime bien les spectacles de jonglage et de cracheurs de feu, je me suis levé et je suis sorti du parc, non sans faire un long détour pour ne pas passer à côté d’eux. Je suis rentré chez moi et j’ai essayé de trouver une morale à cette histoire de putes, de joueurs de foutre et de jongleurs.

 

Aarh pas réussi.

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Published by Eric la Blanche - dans Bulletins d'humeur
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commentaires

galanga 06/11/2010 20:47



Aarh très réussie paarh contre, la chraârnique.



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