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  • : La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • : Où sont les esprits décapants qui se moquent de tout, s'amusent de l'urgence et parodient les alternatives ? Quels personnages peuvent incarner les affres et contradictions de l'écologie quotidienne, ses hypocrisies, son jusqu'au-boutisme et ses errements misanthropes ? Personne pour l'instant – à part BRIDGET KYOTO !
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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 11:38

 

Ce qui est chouette dans la lutte contre la délinquance, c'est que c'est un aspirateur à retraités. C'est ce qu’on appelle un thème porteur ou, plus simplement, un argument électoral.

futur délinquant ?Car, c’est bien connu, l’être humain prend peur en vieillissant. C’est normal : il s’affaiblit et il compense en exigeant plus de sécurité. Il a tendance à penser que « c’était mieux avant » et c’est bien normal puisque, avant, il était jeune. Alors forcément, c’était mieux. Même si c’était pire.

Il ne se rappelle pas que lorsqu’il était jeune, c’est lui qui exaspérait les vieux, ces vieux qui trouvaient que « c’était mieux avant » et ainsi de suite. Il ne se rappelle plus… mais il est sûr qu’il faut punir les délinquants, surtout s’ils sont jeunes. Ou l'inverse.


Pour un homme politique, le sentiment d’insécurité est un outil difficile à manier : il faut faire semblant de taper dur sur la délinquance pendant la durée de son mandat mais néanmoins se débrouiller pour ressortir "le sentiment d'insécurité" du chapeau au bon moment. Par exemple avant les élections.

Logiquement, ça ne devrait pas marcher puisque, si le sentiment d’insécurité est toujours là, c’est qu’on a mal fait son boulot de président. Mais c'est toujours pareil avec les sentiments : le cœur a ses raisons que la raison ignore. Comme la trouille et les élections. 

Car l’amateur de sensations fortes et d’insécurité est ainsi fait que, quoi qu’il arrive, il revote toujours pour les mêmes, du côté où l’insécurité est la mieux dénoncée, où la trouille est plus pure et la punition plus mécanique, savant mélange d’ordre, de morale et de répression - avec ce petit frisson de vengeance en plus.

 

Tout ça pour vous dire que les chiffres de la délinquance, l’insécurité - sentimentale ou non - et les problèmes des banlieues, on n’a pas fini d’en entendre parler – pensais-je hier soir en écrivant ce texte.

 

Quelle ne fut pas ma stupeur, ce matin-même, d’entendre que le Président de la République était remonté sur son cheval de bataille contre la délinquance !

cheval de bataille

(D'ailleurs, une lutte réussie contre la délinquance, est-ce un pays dont les prisons sont pleines… où un pays dont les prisons sont vides ?)

En plus, il y a une chose que je ne comprends pas (ou alors très bien) : le président de la république n'est-il pas président de la république, justement ? Et n’était-il pas ministre de l’intérieur, juste avant ? Alors de quoi se plaint-il ?

De rien. Il reprend juste ce vieux truc qui marche à tous les coups : les gens votent pour moi parce qu’ils ont un problème : ils ont peur de leurs pauvres et de leurs banlieues. Si je résous le problème, ils n’ont plus peur et ils ne votent plus pour moi. Donc, il faut que, surtout, je ne fasse rien. Juste semblant.

Je ne vais quand même pas casser le joujou qui nous a fait gagner les trois dernières élections présidentielles, non ? Logique.

 

Alors le problème des banlieues a encore de beaux jours devant lui.

 

(lire la première partie)

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Published by Eric la Blanche - dans Bulletins d'humeur
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