Je n’aime pas les gens qui critiquent les « fils de ». Ils ne devraient pas : n’oublions jamais que la vie du « fils de » est une des existences les plus difficiles qui soient.


Prenez Georges W. : ton père est président des Etats-Unis, il te donne des millions de dollars, il te favorise tous tes contrats avec la famille Ben Laden et te fait connaître tout le gratin des hommes politiques américains.


Du coup, alors que toi tu voulais juste être un bon vieil alcoolo et te taper des nanas à gros seins avec tes potes de bonne famille, et bien tu te retrouves obligé de devenir milliardaire et président des USA. Et la liberté individuelle dans tout ça, hein ?!


Résultat des courses : tu es tout frustré et tu commences à déconner avec les pays des autres.

Normal, parents abusifs = rébellion.


Parents abusif ? Rébellion.

 


 

Voyez les fils de comédiens ou de chanteurs comme ils souffrent : leurs parents, comme la plupart des artistes, sont des monstres d’égo qui obligent leurs pauvres enfants à faire le même métier qu’eux : « Poursuis mon œuvre, fils ! » ordonnent-ils. Alors ne vous étonnez pas qu’il y ait tant de « fils de » qui n’aient aucun talent : c'est logique, on les a forcés. Résultat des courses : ils jouent tout mal, chantent n'importe comment - et ils le font exprès, en plus.

Normal, parents abusifs = rébellion.


Et c’est pareil pour les "fils et filles de" journalistes, hommes politiques, chefs d’entreprise, écrivains, gens d’influence : combien de pauvres petits « fils de » innocents ont-ils été jetés en pâture à l’égo dynastique démesuré de leurs familles ? Et combien de « filles de » condamnées à faire la couverture des magazines, à chanter des trucs, à écrire des machins, à occuper des postes à responsabilité bidule - tout ça parce qu'ils ne sont pas nés au bon endroit ? C'est dégueulasse.


Tout ça, c'est la faute du public, ce public aigri par sa jeunesse enfuie, avide de retrouver dans le jeune visage tourmenté du "fils et fille de", la fossette à son pôpa ou le sourire à sa môman.

Je voudrais bien vous y voir, moi.


Prenez, mettons, un fils de comédien. Dès sa naissance, ça commence mal : il saute déjà sur les genoux de tous ceux qui comptent dans la profession. Et dans ces troubles milieux interlopes où tout le monde s’appelle « chéri » au lieu de dire « bonjour Monsieur », il se prend déjà une pression sociale terrible :


Tout le monde le pousse à devenir riche et célèbre alors que son rêve secret est de travailler dans la grande distribution mais non ! Ses parents l’obligent bientôt à foirer ses études en école privée, le forcent à prendre des cours de théâtre et de musique puis à mener une vie de bohème complètement déconnectée des réalités matérielles.


Après c’est l’escalade : on ne lui laisse même plus la possibilité de se taper tous les castings minables auxquels ont droit ses camarades comédiens anonymes, ni celle de se faire enfler par des producteurs véreux tandis qu’il travaille le soir au Mc Do pour se payer ses cours de mime et une chambre pourrie.

Non ! Lui, on appelle son tonton qui lui dégotte illico un second rôle dans une grosse production. Et bien sûr, ça marche : le public se précipite dans les salles pour vérifier qu’il a bien la même fossette que son pôpa et, ravi par l'indiscutable air de famille, décide que fiston a décidément bien du talent.


La descente aux enfers continue : tandis que ses camarades comédiens aussi talentueux que lui, abandonnent les uns après les autres, faute de chance et de moyens, et peuvent enfin se diriger vers la grande distribution - voire le pôle emploi - lui se retrouve en couverture des magazines, obligé d’enchaîner des interviews harassantes où on lui demande si ce n’est pas dur d’être comparé en permanence à son papa.


Hé ben si, c’est dur ! et il en souffre – et il le dit - parce que c'est un écorché vif (normal : parents abusifs = rébellion) et que la souffrance d’une vocation perdue et d’une existence subie, il ne connaît que ça.


Alors il en a marre que personne ne comprenne rien et que tout le monde l'envie sous prétexte qu'il n'a jamais eu besoin de prendre l'ascenseur social pour parvenir tout en haut pendant que ses copains s'amusaient comme des fous en grimpant péniblement l'échelle de service avec des chaussures de ski.


J'ose une métaphore : ça vous aurait plus, à vous, de passer une semaine dans le loft, cette émission ou de parfaits crétins deviennent célèbres en ne faisant rien ? Non ?


Alors imaginez si vous étiez né dedans.