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  • : La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • La Minute Nécessaire de Bridget Kyoto
  • : Où sont les esprits décapants qui se moquent de tout, s'amusent de l'urgence et parodient les alternatives ? Quels personnages peuvent incarner les affres et contradictions de l'écologie quotidienne, ses hypocrisies, son jusqu'au-boutisme et ses errements misanthropes ? Personne pour l'instant – à part BRIDGET KYOTO !
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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 18:44

 

Mon copain Mohammed a toujours été un peu jaloux de moi. J'ai toujours senti que son amitié n'était pas complètement désintéressée, qu'elle était mêlée d'envie, d'admiration et que nous n'étions pas sur un pied d'égalité. J'ai l'habitude de fasciner les gens, notamment les gens féminins, alors ça ne me gêne pas trop mais, avec les amis, c'est embêtant.

Momo enviait particulièrement ma capacité à dire tout l'alphabet en rotant à l'envers et aussi mon incroyable succès auprès des jeunes femmes saoules qui viennent de se faire quitter. Et puis surtout, ce qui le fascinait, c'était mon éducation.

bling_21.jpgMomo souffrait d'une sorte de complexe quant à son milieu social et à ses origines. Il en avait honte et compensait ses supposées lacunes par des excès de vantardises et de brusques sautes d'humeur.

« Tu vois, me disait-il, dans ma famille, en banlieue, mes parents ne m'ont jamais appris la moindre chose qui vaille. Ils étaient complètement largués, tournés vers le passé. Mon père est un raté, il n'a jamais réussi à dépasser sa culture et ses origines, il est toujours resté crispé sur ses histoires de traditions débiles. Et je ne te parle même pas de Fatima, ma sœur. Que veux-tu ? Ce sont de pauvres gens mal élevés, sans éducation, incapables de s'adapter à la modernité : mes parents sont des cons. »

Je ne connaissais pas les parents de Mohammed (je n'aime pas les pauvres) mais j'avais bien conscience, effectivement, qu'il n'avait pas bénéficié des mêmes chances que moi au départ. Afin que Mohammed sente bien que ses problèmes d'éducation n'était pas un tabou pour moi, je veillais à me moquer fréquemment de lui devant un public féminin en insistant bien sur ses capacités limitées à rendre une femme heureuse, c’est à dire sur la petite taille de son - comment vous dire ? - la petite taille de son pouvoir d'achat car enfin, Momo n'avait jamais réussi à occuper que de modestes emplois sous-payés.

Je ne vous raconterais pas cette histoire si, un jour, elle n'avait pas fini par mal tourner : la semaine dernière, Mohammed, en pleine affaire Bettencourt – Woerth - Sarkozy, excédé par une humiliation de trop, est retourné chez ses parents. Et il s'en est violemment pris à son père.

 « Tu es un nul, lui a -t-il dit, tu ne m'as jamais enseigné que des idées de merde dont je n'arrive plus à me sortir aujourd'hui ; je me retrouve à moitié inadapté à la société française. Je porte le poids de tes traditions moyenâgeuses et grotesques au mépris du pays dans lequel je vis et de ses valeurs. Tu as fait de moi une sorte d'handicapé culturel, un homme qui n'est chez lui nulle part car tu n'as jamais su prendre la mesure de la société dans laquelle tu as élevé tes enfants. Tu es toujours resté figé, aveuglé par tes certitudes et ne t'es jamais adapté. Je te hais : c'est à cause de toi que je n'arrive pas à m'en sortir. »

emeute.jpgJe dois avouer que Mohammed n'a pas tout à fait tort : s’il est aujourd’hui un raté, c’est que son con de père n'a jamais cessé de lui prêcher de sinistres âneries : simplicité, générosité, modestie, politesse, abnégation dans le travail, respect des autres et de la parole donnée, courage, honnêteté. Il lui a même parlé d'honneur, vous vous rendez compte ? en 2010 !

Il faut dire que son père est professeur de lettres (quand je vous dit qu'il ne faut jamais faire confiance à l'éducation nationale). Il lui a bourré le crâne avec la liberté, l'égalité, la fraternité et la démocratie. Comment vouliez-vous que Mohammed s'en sorte avec ça ?

Mon éducation à moi a été beaucoup plus simple. Toute mon enfance, mon père m'a dit : ne crois pas à toutes ces salades, elles ont été inventées pour handicaper les cons ; profites-en plutôt pour les écraser et sers-toi de mon réseau pour bâtir le tien : regarde en haut, au sommet, comment ils font. Il doit être là, ton modèle. N'oublie jamais : pas de scrupules - et un seul principe : tout pour ta gueule.

C'est pour ça que je suis fascinant.

Et puis moi, il me fait bien marrer, Mohammed.

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Published by Eric la Blanche - dans Bulletins d'humeur
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robin 28/07/2010 17:04



Bien que d'origine française depuis le 12ème siècle, je dois aussi avoir des gènes de Momo en moi...


Moi aussi mes parents m'ont appris, la droiture, l'honnêteté, le respect, l'amour de la France, etc... etc... le sens de l'honneur et de l'éthique comme mon grand père paternel handicapé à vie en
14-18 par un éclat d'obus (croix de guerre, médaille militaire, 7 citations, légion d'honneur) ou comme mon grand père maternel mort au combat ou encore mon autre cousin mort noyé sous la torture
de la gestapo aidée par la milice de Vichy...


Alors moi aussi j'y ait cru, cadre sup dans une très grande entreprise, à 31 ans j'étais l'un des plus jeune cadre dirigeant, lorsque le groupe a décider en 1992 de fermer l'usine en France pour
expatrier la production.


Je me suis dis c'est à ton tour de défendre la France et ses valeurs républicaines.


J'ai donné ma démission pour m'associer avec des gens qui avaient de l'argent donc majoritaires au capital, pour créer une entreprise ici en France (200 emplois directs créés dans l'industrie et
600 emplois créés dans les services). 3 ans après, la construction achevée et l'usine en pleine puissance, PDG minoritaire je fus débarqué sans motif malgré la réussite de ce projet et de cette
usine qui existe toujours 18 ans après et qui est devenue N°3 européeen et à triplée sa surface de production en France, ceci prouvant la qualité du travail que j'avais réalisé.


A cette époque, j'ai géré 22 millions d'euros de budget avec droiture, sincérité et honneteté conformément aux préceptes que m'avaient enseignés mes parents sans jamais rien prendre dans la
caisse.


Après 4 années de douloureuses procédure et de lourds frais d'avocat pour récupérer le maigre fruit financier que l'on me devait, j'ai été traité de con de nul d'imbécile parceque j'avais été
honnête... y compris l'attitude méprisante des juges du Tribunal de Commerce.


Tous les nombreux amis que j'avais lorsque je dirigeais cette usine, promptes à me recommander un membre de leur famille au chômage ou en difficultés, ce sont évanouis dés que je n'ai plus dirigé
cette société.


Pire, ils n'ont eu de cesse de me faire passer pour un imbécile, l'idiot du village qui avait monter une usine et qui s'était fait baiser... un moins que rien, un nul, qui reflétait ce que je ne
soubçonnait pas : la jalousie de ne pas avoir pu réaliser la même chose, frustrés qu'ils étaient dans leur médiocrité.


Pire, ayant lancé et auto-financé des travaux de R & D je dus m'adresser à OSEO/ANVAR pour financer e prototype. Lors d'un entretien avec OSEO/ANVAR le directeur régional m'informa que si je
n'étais plus a la tête de cette usine c'est que j'avais du commettre quelques malversations alors que je lui présentais le compte rendu du conseil d'administration ainsi que les 3 audits positifs
réalisés juste après mon départ qui prouvaient le contraire.


Mais comme il me dis : " il n'ya pas de fumée sans feu... "


Puis ensuite, souriant de voir que j'étais sonné de se qu'il venait de me dire, il termina par cette question :" au fait, vous avez un château ? "


Fils d'ouvrier, je n'ai pas de chateau et répondis donc : " non "


Voyant mon regard encore plus désabusé et intérrogatif, le directeur d'OSEO m dita alors pour finir de m'achever : "sachez cher Monsieur que lorsque l'on vient voir OSEO/ANVAR, il est > d'en avoir un "...


Après avoir dépensé mes économies pour continuer d'innover et de créer des emplois en France, je me rendais compte que l'état représenté par OSEO/ANVAR que j'avais financé à hauteur de plus 25
millions d'euros en recettes fiscales et sociales, pratiquait la discrimination selon l'origine sociale des français...


Aujourd'hui sans emploi depuis 5 ans et sans aucun revenu ni aide de l'état, père de 3 enfants, je prend des antidépresseurs pour contenir la haine et toute la violence qui monte en moi.


Je regrette tous les jours, encore aujourd'hui, de ne pas avoir envoyé mon château 5 étoiles droit dans la tronche de ce Directeur d'OSEO, histoire de lui rappeller qu'il y a eu 1789 et dautres
jacqueries...


Je n'en veux pas a mes parents qui ont tout fait pour moi et qui pensaient bien faire en me donnant cette éducation. Maintenant vous comprendrez pourquoi je n'enseigne pas la même chose à mes 3
enfants.


J'aurais été beaucoup plus été respecté si j'avais piqué dans la caisseé 2 ou 3 millions d'euros, quitte à faire 2 ou 3 ans de prison si je me faisais piquer, plutôt que d'avoir voulu être
honnète.


L'honnêteté ne paie pas et amlheureusement il fut bien survivre.


Comme disait Malthus, le plus dur cce n'est pas de faire des enfants mais de les nourrir.


Les traitres sont dans l'état, pas simplement au gouvernement mais partout.


Ils ont mis la main sur tous les leviers de la nation et ils se servent abondamment.
Ils sont chargés de protéger les gros monopoles qui les rétribuent en toute impunité dans les paradis fiscaux.


Quelque soit la qualité de ton travail si tu es nés serf, les hauts fonctionnaires-technocrates-énarques-bureaucrates sont là pour s'assurer que tu le resteras.



Eric la Blanche 28/07/2010 17:13



Malheureusement, je n'ai rien à ajouter. Merci pour votre témoignage.



fitz chev 21/07/2010 11:53



très fin, très drôle, un peu bobo-angeliste-humaniste-dandy-désabusé sous le cynisme, mais très subtil. Bcp aimé



Eric la Blanche 21/07/2010 12:49



Merci.C'est gentil ; si en plus vous pouvez en parler autour de vous, alors là !



isatagada 15/07/2010 10:27



Je loose, tu looses, ils loosent ...


Bon, on ne peut pas TOUS être au sommet non plus; comment veux tu que ça tienne sinon, un sommet, s'il est plus lourd que la base ?


(Sérieux, j'éduque mes mômes, et après j'en discute avec mes amis. Je leur dis  : "Parfois je me demande vraiment si je ne suis pas en train d'en faire des ratés, avec mon éducation ; t'en
penses quoi, toi ?". Mais plus personne n'est sûr de la réponse ...)


PS : embrasse Marvin pour moi, j'espère qu'il va bien



Eric la Blanche 21/07/2010 14:42



Marvin est mort. Je l'ai (fait) tué.



Cathy 13/07/2010 13:12



l'intérêt de la horde mais surtout celle des meneurs



Jean-Paul BARASTIER 13/07/2010 00:56



Tristement vrai mon ami tant il est vrai que dans un système mafieux, les valeurs individuelles cèdent le pas à l'intérêt de la horde !


A bientôt Eric.


JP



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